samedi 21 mai 2016

Et voici que l'histoire est bouclée…

… grâce à un article de Franck Lhomeau publié en deux parties dans la superbe revue Temps Noir (éditions Joseph K., Nantes), respectivement dans le n°14 (janvier 2011), pp. 132-154 et le n°16 (septembre 2013), pp. 85-95.

Impeccablement documenté, argumenté et illustré (désolé, je mettrai tout cela en niveaux de gris dès que ce sera techniquement possible), ce travail de bénédictin n'aurait pu voir le jour sans la ténacité du trop discret Stéphane Ménard.

Chacun pourra juger sur pièces de la vilenie de Victor…


















mercredi 12 mars 2014

Pauvert nous cause de Maurice, donc de Victor

http://kebekmac.blogspot.fr/p/la-cuisine.html
Préface de Jean-Jacques Pauvert à la réédition d'Ainsi soit-il, suivi de Claquemur, chez La Musardine (Paris, 2004) — ouvrage disponible sous forme électronique sur l'excellent Francomac : 
« Maurice Raphaël » n'est qu'un pseudonyme parmi d'autres de Victor-Marie Le Page, qui signa aussi Ange Bastiani pour la Série noire (Arrête ton char, Ben Hur !, entre autres), Ange Gabrielli pour des romans érotiques, comme Biscuit l'amour, et encore, pour d'autres romans érotiques, Victor Saint-Victor.
L'éditeur Éric Losfeld trouvait à Lepage-Raphaël « l'allure d'un aventurier, souple et bronzé, grand séducteur, avec une faconde toute méridionale » (dans ses souvenirs, Endetté comme une mule).
Il était pourtant né à Brest en 1918, d'un père officier de marine. Il commença des études de droit vite interrompues, puis se lança dans différents métiers de fortune.
Il avait pourtant un penchant littéraire car il tâta du journalisme avant de débuter dans le roman aux Éditions du Scorpion en 1950 avec, justement, Ainsi soit-il, qui fut naturellement condamné devant la dix-septième chambre quelques mois après.
Claquemur fut publié en 1955 à tirage limité avec une pointe sèche de Hans Bellmer. André Breton qualifiait ce texte de « cryptesthésie des bas-fonds ». C'est le monologue intérieur d'un prisonnier, vivant dans sa cellule une sorte de cauchemar érotique permanent.
Ainsi soit-il et Claquemur furent réédités ensemble sous un cartonnage d'éditeur par Éric Losfeld en 1969.
Victor-Marie Lepage devait mourir relativement tôt, à cinquante-neuf ans, en 1977.
Ces deux textes, et en général les textes signés Maurice Raphaël sont intéressants comme très représentatifs des excès, de la désespérance et de la révolte violente d'une part de la jeunesse de l'époque.
C'était le moment où la grande presse déplorait le pessimisme des romans « existentialistes » en stigmatisant pêle-mêle l'influence pernicieuse de Kafka ( ? ) ou de Miller, et relevant par exemple avec une réprobation jubilatoire qu'on avait trouvé J'irai cracher sur vos tombes sur la table de nuit d'un assassin.
Nous vivions, dans les années 45/50, des temps austères et vertueux…
Jean-Jacques Pauvert

En illustration, un gros fragment de la couverture dudit bouquin :

mercredi 6 novembre 2013

Chéri Bibi et ses mystères…

On sait qu'en 1954 Catherine Sauvage a interprété en direct à la radio (mais laquelle ?) La complainte de Chéri Bibi, chanson écrite par Maurice Raphaël et mise en musique par Mouloudji Moustaki, dont on a présenté une image de la partition — hélas illisible — dans le billet précédent.
Il se trouve que la même année est sorti un film de Marcel Pagliero intitulé Chéri Bibi et qui s'ouvre précisément sur une chanson retraçant les malheurs du bandit imaginaire (euh… attention les oreilles !) :



Maintenant, s'agit-il de la même complainte que celle écrite par Victor ? Mystère…

Sinon, je suis en train de lire le dossier consacré à Victor/Ange dans le numéro 14 de l'excellente revue Temps noir, où Franck Lhomeau répond en détail à toutes les questions posées ici-même, notamment en ce qui concerne la nature et la chronologie des activités de Victor sous l'Occupation.
L'enquête, sérieuse au possible, est passionnante de bout en bout, même si Victor n'en sort guère grandi puisqu'on y apprend entre autres que l'escroquerie aux faux policiers avait consisté à tenter de faire chanter un banlieusard juif.
J'essaierai de donner sous peu un compte rendu succinct de cet épais dossier, qui a été complété dans le numéro 16 de la même revue, frais sorti des presses.

samedi 27 juillet 2013

Trois chansons écrites par Maurice Raphaël et composées par Moustaki

Grâce à Chantal Savenier et à "bête mahousse", j'ai trouvé sur cette page Le bar des cinq parties du monde (du nom d'un troquet qui apparaît dans Biscuit l'amour), interprété par Irène Lecarte en 1955 (78 tours Philips N° 72.288 H, selon cette page) :


La complainte de Chéri-Bibi (1954, ici seulement la première page de la partition, hélas !), dont un exemplaire de la partition est signalé à la BNF et qui a peut-être servi de chanson-titre pour le générique du film de Marcello Pagliero de 1955 :


Et Le cheval de toile (partition aimablement communiquée par "bête mahousse") :

mardi 10 janvier 2012

Une évocation de Victor par Georges Moustaki



Georges Moustaki, Les filles de la mémoire, Calmann-Lévy, 1989, pp. 48-49 (rééd. LGF, coll. "Le Livre de Poche", 2000)

Ce document communiqué par Klaus Building, qui en parlait en commentaire dans le billet précédent, ne fournit certes que quelques bribes, mais qui brossent bien la personnalité de Victor en cette fin des années cinquante, et corroborent le portrait que dressera plus tard Modiano dans Dans le café de la jeunesse perdue (Gallimard, 2007).

Le roman qui fut le fruit du repérage à Bruxelles doit être La croix des vaches - Filles à Anvers (Gerfaut, 1958), réédité en 1968 aux Presses Noires sous le titre Satan a besoin des femmes.

mardi 23 novembre 2010

Documents pénitentiaires issus du registre d'écrou

Toujours transmis par l'indispensable "bête mahousse", voici deux documents de l'administration pénitentiaire relatifs à la demande de libération conditionnelle formulée par Victor, qui nous renseignent sur la durée de la peine qu'il a effectuée, et surtout sur ses motifs.

D'abord, une Notice individuelle (les pages 1 et 2 sont identiques, mais je ne parviens pas à supprimer ce doublon) :



Et ensuite, un Bulletin de statistique morale :



Où une certitude prend corps : Victor à été condamné en 1948 à trois ans de prison, DEUX ANS pour « escroquerie par faux policiers » et UN AN pour « actes de nature à nuire à la Défense Nationale » — ce qui doit se référer à son activité durant l'Occupation.
En comparant les motifs des deux condamnations et la durée respective des peines infligées, il apparaît évident que les accusations colportées par Éric Losfeld puis Pierre Drachline et plus tard par Alfred Eibel relèvent de la diffamation pure et simple.

Victor a été écroué le 16 juin 1947 et libéré le 2 mars 1950.

jeudi 19 août 2010

Deux articles à propos de Maurice Raphaël

L'ami "bête mahousse" nous a récemment transmis plusieurs documents importants.
Voici d'abord deux critiques mesurées, bien loin des délires d'un Drachline, concernant partie de l'œuvre publiée sous le nom de Maurice Raphaël.

Un article de Jean Roudaut dans la rubrique "Rendre justice à…" du Magazine littéraire n° 71 (décembre 1972), à propos de la réédition chez Losfeld en 1969 d'Ainsi soit-il et Le festival :
Maurice Raphael

Et une étude de Bruno Curatolo publiée en juin 1992 dans le n° 13 de la revue universitaire Roman 20/50, sous la rubrique "La revie littéraire", puis versée en 2005 au dossier accompagnant la réédition de La croque au sel par Alfred Eibel à L'esprit des péninsules :
La Revie Littéraire